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Romain HEINRICH, un puzzle à quatre mains

Le bobeur Romain Heinrich (30 ans) vise une médaille aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022, avec son coéquipier Dorian Hauterville. Et chaque détail compte.

Coupe du monde Igls Janvier 2019 Cred IBSF Viesturs Lacis

Il construit son puzzle. Pour décrocher une médaille en bob à deux aux Jeux olympiques de Pékin 2022 avec son coéquipier Dorian Hauterville, Romain Heinrich assemble des pièces. « Quand j’ai pris la décision de devenir pilote, en novembre 2015 (il était pousseur jusque-là), c’était avec le rêve de faire des podiums sur des événements majeurs comme les JO. Ce rêve était à construire, avec des dizaines d’étapes à passer. Depuis la saison 2018/2019, il devient concret avec un premier podium en Coupe du monde et notre 3e place aux Championnats d’Europe » détaille-t-il.

Une ascension grisante. « C’est une source de motivation, admet-il. On arrive à franchir les paliers les uns après les autres. Ça me renforce dans l’idée qu’avec la Fédération, les coaches, l’équipe dans son ensemble, on prend les objectifs par le bon bout. On met en place des actions concrètes qui nous font progresser. Ça peut parfois être un peu effrayant parce que les marches sont de plus en plus hautes. Mais en quelques années, on a construit un duo qui a gagné sa place dans le premier groupe (Top 8), avant d’atteindre le podium. Les quelques centièmes de seconde qui nous séparent du sommet sont les plus durs à gagner mais c’est aussi ça qui est excitant. »

Titulaire d’un Master de droit/économie/gestion en administration d’entreprise et ingénieur de formation (génie industriel), Romain Heinrich a choisi de mettre sa carrière professionnelle sur pause. Là aussi dans l’optique des JO. « J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir combiner mon métier avec ma vie de sportif de haut niveau sur les deux dernières années. Mais maintenant, il faut mettre les bouchées doubles, notamment sur la préparation physique. Quand on a 30 ans, comme moi, il y a davantage besoin de soins, de récupération. Avec le travail, je n’aurais pas forcément le temps de faire de la kiné par exemple. C’est un choix assumé, en concertation avec la Fédé, que je ne vis pas comme un sacrifice. »

Coupe du monde Igls Dec 2017 Cred IBSF Viesturs Lacis

Un autre de ses choix, c’est de pratiquer le… lancer du poids. « On n’a pas de compétition de bobsleigh pendant six à sept mois dans l’année. Je me sers donc de l’athlétisme pour aller mesurer ma forme. Et mes indicateurs sont bons. Je n’ai pas d’ambition particulière dans cette discipline, si ce n’est de garder un peu le rythme des compètes. Et puis, les qualités physiques sur les lancers et le sprint sont similaires à celles demandées pour pousser fort un bob » explique celui qui se positionne tout de même au 7e rang français, cette saison, avec 16,40 mètres.

Quels sont les objectifs pour l’exercice 2020/2021 ? « En vue de 2022, le but est de définir le matériel avec lequel on travaillera sur les deux prochaines saisons : on va tester les bobs, les patins et dresser une short-list. Une fois que le matériel sera choisi, il faut que je puisse avoir un feeling avec. Mon objectif principal, c’est celui-là.

La finale de la Coupe du monde doit se tenir à Pékin, sur la piste des prochains JO. Le but, c’est de faire une prise de repères réussie là-bas pour s’y sentir à l’aise le plus rapidement possible. L’année dernière, on avait joué le classement général de la Coupe du monde. Cette fois, la logique est différente, même si on entend bien se placer aux Championnats du monde de Lake Placid et lors de la finale de la Coupe du monde ».

Le mot de la fin ? « J’arrive à maturité, j’ai le sentiment d’être dans mes meilleures années. Les différentes parties du puzzle s’assemblent ».

L’info en + : Romain Heinrich fait partie du Conseil Fédéral de la Fédération Française des Sports de Glace dans le collège "Sportifs de haut niveau".

(Crédits photos : IBSF/Viesturs Lacis)