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Kévin AYMOZ : "Un Top 5 à Pékin"

Des mots posés dans un chapeau. Kévin Aymoz qui pioche au hasard et se livre sur des moments de sa vie. C’est l’interview petits papiers.

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« (Ça fait vraiment peur de piocher (rires))
"Grenoble". C’est la maison. C’est là où je suis né, là où j’ai commencé le patin, là où j’ai grandi, là où il y a les Internationaux de France, là où se trouve mon club (le Grenoble Isère Métropole Patinage)… Je m’y sens bien, je suis content d’y revenir en vacances pour voir la famille, pour les compétitions ou les stages. J’y étais pour le confinement aussi. Grenoble, c’est dans mon cœur, c’est ici que tout se passe, c’est peut-être ici que je vivrai plus tard (il s’entraîne aux Etats-Unis). Je pense y retourner.

"Wesley Chapel". C’est la maison numéro 2, en Floride. Ça fait trois ans que je m’y entraîne. C’est une partie des Etats-Unis qui n’est pas très peuplée, où il n’y a pas grand-chose. C’est une petite ville très calme. On a une belle patinoire avec quatre pistes. On y trouve aussi des petits marécages avec des alligators qui se baladent un peu partout sur la route. C’est vraiment un endroit que j’aime beaucoup. C’est calme. Il y a du soleil mais aussi beaucoup de pluie en été. Je sais que je serai toujours le bienvenu là-bas. J’y aime les gens, les paysages, les infrastructures…

"Question of U". C’était mon programme court la saison dernière. J’ai beaucoup aimé le patiner, il va rester dans mon cœur très longtemps. On a travaillé à trois dessus, avec mes entraîneurs Silvia Fontana et John Zimmerman. Je leur disais « j’aimerais bien avoir tel ou tel élément dans le programme » et eux ajoutaient « ce serait bien d’y trouver ça aussi, on va faire des mélanges ». Je voulais une musique entraînante pour le public et ce sont eux qui l’ont trouvée. Je l’ai découverte lors des championnats d’Europe, la saison précédente. On imaginait déjà des chorégraphies. Silvia et John m’ont vraiment écouté, je me suis investi dans la création de la choré et tous les deux ont ensuite pu assembler toutes les petites pièces du programme pour que ça ressemble à quelque chose. J’ai vraiment pu m’exprimer sur ce short et il m’a aidé à décoller cette saison. En plus, ma prestation a été sélectionnée par l’ISU (la Fédération internationale), pour sa cérémonie des ISU Skating Awards, en tant que finaliste de la catégorie programme coup de cœur de la saison (le prix a finalement été remporté par ses compatriotes Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron). J’étais vraiment très heureux d’être nommé, il y a une petite reconnaissance, beaucoup de personnes ont apprécié de voir ce programme que j’ai imaginé. Ça m’a apporté un peu de confiance en moi, ce qui m’a aidé à créer mes nouveaux programmes seul, Covid oblige. Et ça m’a donné une motivation supplémentaire : remporter ce trophée l’an prochain.

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"Le twirling-bâton". (Oh, pourquoi il est là-dedans lui ?) Quand j’ai commencé le twirling-bâton, je suivais les cours avec le CNED, ce qui faisait que je ne voyais plus que la patinoire et la maison. Parfois, je craquais. Je n’avais aucun équilibre, je croisais tout le temps les mêmes personnes… Ma petite sœur Lisa avait commencé le twirling-bâton et ma mère m’avait proposé d’aller voir un entraînement. Ma première réaction, ç’a été « waouh », c’est très impressionnant et très artistique, elles font de la gym et en même temps, elles jonglent avec un bâton, les mouvements sont synchronisés… J’ai demandé l’accord à mes parents et j’ai commencé comme ça, à raison de 2 heures et demi par semaine. J’ai fait deux ans de duo et un de solo. C’est d’ailleurs dans cette dernière catégorie que j’ai décroché un titre de champion de France. J’ai pu apprendre de nouveaux gestes techniques, le jonglage, gagné en coordination… Ça m’a servi pour le patinage : je fais aujourd’hui ma roue sans les mains, que j’ai apprise avec le twirling-bâton. J’aimerais aussi savoir jongler avec des bâtons en flammes, ça peut être utile pour les spectacles… Ensuite, j’ai décidé de me consacrer à 100% au patin. C’est un très bon souvenir, j’ai rencontré de belles personnes.

"Courchevel". C’est là où j’ai repris après le confinement et ça m’a vraiment fait plaisir. J’ai eu l’impression de découvrir le patinage une deuxième fois dans ma vie, après l’avoir oublié pendant deux mois. En remettant un patin sur la glace, je me suis dit, comme quand j’avais cinq ans, « oh, c’est trop bien ! ». Je me suis souvenu de toutes les sensations. C’était une évidence : c’est vraiment ça que j’aime.

"JO". C’est un rêve d’enfant. Les premières compétitions de patinage que j’ai regardées, c’étaient les Jeux olympiques. Je me souviens vraiment de ceux de 2010 à Vancouver, un peu de Turin, quatre ans auparavant. Ce n’est pas quelque chose que tout un chacun peut vivre. C’est une récompense, même si quand on se présente aux Jeux, on doit d’abord performer pour son pays et pour soi avant de parler de récompense. Mon objectif, c’est clairement Pékin 2022. Et j’y vise un Top 5. Je m’entraîne pour ça. Ça viendrait auréoler ma petite carrière de patineur. »

(Crédits photos : Olivier Brajon)