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Bruno Massot : « J’essaie de continuer sur son chemin »

Rencontre avec Bruno Massot, champion olympique de patinage (en couple artistique), qui vient de monter son centre d’entraînement de sport de haut niveau, à Caen.

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A quel âge avez-vous commencé le patinage ?

J’ai commencé à Caen, en 1996. J’avais 7 ans. J’avais essayé le rugby et la natation auparavant mais ça n’avait pas très bien fonctionné. Ma sœur patinait déjà, elle avait un bon niveau. Ma mère et mon père faisaient déjà partie du club de l’ACSEL (mon père a d’ailleurs participé à sa création). C’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers le patinage. Ce qui m’a plu, c’est que c’est un sport très acrobatique et impressionnant.

A quel moment êtes-vous passé de l’individuel au couple ?

En 2007. Mon entraîneur Jean-François Ballester a insisté pour que je fasse du couple. Au départ, je ne voulais pas car j’avais eu de bons résultats en individuel, comme une 3e place aux Masters. Finalement, j’ai essayé et ça m’a bien plu : j’avais le physique pour, c’est encore plus acrobatique, il y a encore plus de choses à travailler et puis, c’est sympa d’être à deux.

Vous avez gravi les échelons jusqu’à atteindre le Graal, le titre olympique aux côtés d’Aljona Savchenko, en 2018 à PyeongChang (Corée du Sud)… Qu’avez-vous ressenti ce jour-là ?

Après les JO de Sotchi, en 2014, Aljona m’a proposé un partenariat : ça a matché tout de suite, on avait l’impression d’avoir toujours patiné ensemble… Durant toute notre carrière, on n’a fait que des podiums ! Aux Jeux, on était quatrièmes après le programme court. Il nous fallait donc un programme libre parfait. On s’est donné à fond, on a battu le record du monde et arraché la médaille d’or.

C’est difficile d’expliquer ce que j’ai ressenti : j’ai eu du mal à y croire, toutes les images des moments forts de ma carrière me sont revenues en mémoire en un instant, lors de l’annonce des points. Je me suis dit : « ç’a été dur mais ça y est, c’est fait. »

A l’été 2018, vous changez de casquette…

On prend la décision, avec mon entraîneur Jean-François Ballester, de travailler tous les deux en tant que coaches en Suisse. Ç’a duré six mois, avant qu’il ne décède. Finalement, je suis resté deux ans et demi là-bas mais mon projet de centre d’entraînement couples et individuels n’a jamais vu le jour. Je l’ai alors proposé à Ludovic Le Guennec, Président de l’ACSEL, qui a accepté. On s’est lancé dans l’aventure début mai 2021.

Comment ça se passe ?

Le centre d’entraînement de sport de haut niveau de Caen se porte bien. Les deux couples que j’ai formés en Suisse m’ont suivi, il y a de nouveaux couples qui se forment et quelques individuels. N’hésitez pas à venir nous rejoindre !

Je suis ravi d’être de retour en France. C’était beaucoup d’émotion de revenir ici, je me souviens des heures passées sur la glace avec Jean-François Ballester. J’essaie de continuer sur son chemin.

(Photo : Olivier Brajon/Patinage Magazine)