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Anthony Leroy : « J’ai jugé les Jeux Olympiques »

Président de la Commission Fédérale des Officiels d’Arbitrage (CFOA), Anthony Leroy nous en dit plus sur son rôle au sein de la FFSG.

ANTHONY LEROY

A quel âge avez-vous débuté le patinage ?

J’ai commencé à l’âge de 4 ans. Mes parents venaient de s’installer à Rennes et habitaient en face de la patinoire de l’époque. Le directeur leur a alors proposé que je fasse du patinage. J’ai commencé comme ça et j’ai continué pendant une vingtaine d’années. J’ai suivi des cours avec Christine et Roland Mars. J’ai fait de la danse et du patinage artistique. En compétition, je suis allé jusqu’au niveau national.

Quel est votre rôle au sein de la FFSG ?

Je suis Président (bénévole) des juges et arbitres sportifs des sports de glace. Je dirige un contingent de 450 officiels qui représentent toutes les disciplines. Mon travail consiste à gérer les effectifs, monter avec mes équipes les contenus pédagogiques pour les formations des officiels. Je suis également chargé de les faire monter en compétences, de veiller à ce qu’il y ait un respect des règles déontologiques, éthiques, réglementaires et administratives. C’est un très gros travail. C’est l’une des plus grosses commissions de la fédération car elle est multidisciplinaire. Il y a des postes très différents et surtout, il faut conjuguer à la même personne la maîtrise de tous les sports. Je suis issu du patinage artistique, pas des autres disciplines. Ç’a été un gros travail d’appropriation. On convoque aussi les officiels sur toutes nos compétitions : régionales, nationales, championnats, épreuves internationales. On est en étroite relation avec la présidence et la Direction Technique Nationale pour pouvoir composer les jurys et procéder aux désignations des compétitions internationales.

Sur quelles compétitions avez-vous pu officier ?

J’ai pu faire les compétitions les plus prestigieuses : deux Jeux Olympiques, Sotchi en 2014 et Pyeongchang en 2018, huit Championnats du Monde et cinq Championnats d’Europe. J’ai eu beaucoup de chance. Mais pour arriver à ce niveau, il a fallu beaucoup travailler.

Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à se lancer comme arbitre ?

Je lui dirais que c’est une façon de rester proche d’un milieu dont il a peut-être été acteur. C’est aussi une façon de s’engager dans la vie associative, de prendre des responsabilités, ça forge le caractère, c’est être un membre actif de la vie de nos sports, c’est accompagner les athlètes dans leur évolution, c’est être un contributeur de leur perfectionnement. Tout ce qu’on a pu recevoir, on peut aussi le donner aux futures générations.

Avec le temps, la fonction d’officiel d’arbitrage s’est professionnalisée…

Oui, vraiment. Nous sommes soumis à un certain nombre de re-certifications, de formations continues. Nous avons beaucoup d’obligations : on doit être à jour des règlements, ponctuels, modèles pour les athlètes, on est investis d’une autorité fédérale, on est donc aussi des représentants de la fédération. C’est un rôle qui oblige et prend beaucoup de temps, d’intellect, d’énergie, c’est un vrai investissement, une fonction qui guide les individus et forge les compétences, les caractères… Ça s’est professionnalisé grâce à l’arbitrage vidéo que nous avons dans beaucoup de nos sports. C’est une fonction qui s’est modernisée, on travaille davantage avec les athlètes et les professeurs alors qu’avant, il y avait un gros clivage entre les arbitres d’un côté et les professeurs et les athlètes de l’autre. Maintenant, c’est beaucoup plus facile de travailler ensemble, nous sommes des acteurs à part entière de la famille fédérale. Depuis 2006, nous sommes aussi investis d’une mission de service public car placés sous un régime avec un statut social, fiscal et juridique. Le législateur a ainsi donné de l’importance et une reconnaissance aux arbitres, qu’ils n’avaient pas par le passé. Ça se professionnalise aussi dans ce sens-là.

L’info en + : Anthony Leroy a été élu vendredi au Comité Exécutif de l’AFCAM (Association Française du Corps Arbitral Multisports) pour la mandature 2021-2024.
Créée en 1985 à Paris par 12 disciplines, l’association en regroupe aujourd’hui 67 et compte 246 000 arbitres (représentants des commissions d’arbitrage et des associations nationales d’arbitres des Fédérations sportives françaises olympiques et non-olympiques.)
Membre associé du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) depuis 2003, l’AFCAM est aujourd’hui réellement représentative des arbitres et de l’arbitrage français : c’est à ce titre l’interlocuteur privilégié de toutes les instances nationales du sport français et en particulier du CNOSF et du Ministère chargé des Sports.