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Amélie Gendre et Alessandro Tormena : « En termes d’émotions, tout est décuplé »

A l’approche de la French Cup (les 4 et 5 février à Rouen), compétition internationale incontournable de patinage artistique synchronisé, nous avons échangé avec Amélie Gendre et Alessandro Tormena, entraîneurs, à Lyon, de l’équipe senior des Zoulous et de l’équipe junior des Zazous.

Les Zoulous

Vous avez tous les deux pratiqué le patinage artistique synchronisé. Etait-ce un processus naturel de devenir entraîneurs ?

Amélie Gendre : Oui, plutôt naturel quand on a envie de rester sur glace, comme moi. C’était un souhait de continuer à vivre ma passion. J’ai commencé à entraîner les novices avec Alessandro, puis petit à petit, de saison en saison, on a continué ensemble sur les juniors et ensuite les seniors.

Qu’est-ce qui fait la beauté de votre discipline ?

Alessandro Tormena : C’est totalement différent du patinage artistique et de la danse sur glace. C’est une discipline complexe car on fait cohabiter 16 personnes aux caractères et aux techniques différents. Ce qui est génial, c’est la manière dont on vit les entraînements et les compétitions, cette dynamique de groupe qui vous pousse, cette énergie…

Amélie Gendre : En termes d’émotions, vivre à 16 sur glace et à 20 en dehors, car on a aussi 4 remplaçants, fait que tout est incroyablement décuplé. Il y a toutes ces paires d’yeux de partout et juste avec des regards, les émotions passent. Les victoires sont encore plus belles et les défaites le sont aussi car avec la force du groupe, on est capable de se relever, de soulever parfois des montagnes. C’est vraiment pour cet esprit d’équipe que j’ai aimé cette discipline.

Comment définiriez-vous votre équipe des Zoulous ?

Alessandro Tormena : Des combattants.

Amélie Gendre : J’allais dire des travailleurs.

Alessandro Tormena : Ce sont des personnes qui ne lâchent jamais rien. C’est l’esprit Zoulous, que l’on connaît depuis la création de l’équipe. On l’a ressenti encore plus avec le Covid. On ne pouvait pas patiner car on n’a pas le statut de sportifs de haut niveau. Ç’a été très difficile, mais on a fait des séances en visio, notamment, et ils sont tous restés. On commence à avoir la même dynamique chez les Zazous.

Quels sont les thèmes des programmes des Zoulous cette saison ?

Alessandro Tormena : On a un programme court sur des musiques africaines. C’est un programme anniversaire, en l’honneur du tout premier et de la création de l’équipe, qui a eu 30 ans l’année dernière. Pour le libre, c’est un thème dont on parlait avec Amélie depuis un petit moment déjà, qui nous touche : c’est le langage des signes. On essaie de parler de l’intégration des personnes qui sont différentes.

La prochaine étape, pour votre discipline, c’est le statut de sportifs de haut niveau pour vos athlètes ?

Alessandro Tormena : Il y a énormément de sacrifices, à commencer par les entraînements, avec des horaires particuliers (de 21h à 23h, par exemple, mais aussi le week-end). Si l’on se fonde sur tout ce qu’ils font, sur la manière dont ils se battent, ce serait mérité, oui.